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Horizon épistémique (Citer)

Ce portail informe à trois dimensions différentes:

(1) de la realité extralinguistique ('choses'),
(2) de concepts, ou: de catégories onomasiologiques qui ne sont pas liées à des langues ou dialectes particuliers,
(3) d'expressions linguistiques des langues et des dialectes enquêtés.

Le traitement séparé de (2) et (3) est fondamental parce que les concepts pertinents ne sont pas toujours documentés dans toute la région de l'enquête par des termes spécifiques (ils ne sont donc pas tous lexicalisés). De la façon, il n'y a pas de parole pour le fromage produit du petit-lait (cf. gsw. (alémanique) Ziger, ita. ricotta, fra. sérac) dans une grande partie de la région bavaroise, alors que pour la masse de fromage fraîche pas encore modelée (bar. Topfen, deu. Quark), il manque souvent un terme dans les dialectes romans comme une désignation n'existe pas non plus en italien standard. La relation entre (1) d'un côté et (2) et (3) de l'autre côté est parfois plus problématique que cela semble à première vue: comme ça, on est confronté quelquefois à des expressions de statut sémiotique ambigu parce qu'il ne ressort pas des données s'il s'agit de désignations de concepts ou plutôt de noms de choses; c'est le cas par ex. si un locuteur appelle un certain alpage, par exemple cet alpage-là qu'il utilise lui-même, avec un nom générique comme munt, littéralement 'montagne', ou pastüra 'pâturage'.


(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

Tags: Linguistique Contexte extralinguistique



Humanités numériques (Citer)

Le projet VerbaAlpina a d'emblée été conçu avec la perspective d'un usage web, devant contribuer de manière décisive à faire passer les traditions établies des sciences humaines, plus précisément de la géolinguistique, aux humanités numériques, ang. digital humanities. Ce terme est maintenant établi, cependant ses deux constituants ne sont en aucune façon explicites et méritent chacun un commentaire méthodologique.

(1) numérique possède une multitude d'implications complexes:

  • La base empirique de la recherche se trouve dans les données (cf. Schöch 2013), c.-à-d. des unités digitalement codifiées et structurées ou au moins structurables ; ici il s'agit pour une part de données déjà publiées puis numérisées (comme par ex. les matériaux des atlas les plus anciens), mais en partie aussi de données originales encore à relever. Dans les domaines conceptuels pertinents, on aspire à entrer dans la base une quantité constistante de données. La méthode est donc quantitative et dans une large mesure inductive.
  • La communication scientifique utilise les ressorts médiatiques d'internet. Cela permet tout d'abord de relier par hypertexte différents médias (écriture, image, vidéo, audio) ; de plus, les chercheurs, les partenaires de coopération et/ou les informateurs peuvent communiquer et coopérer les uns avec les autres de façon continue.
  • En procédant de cette façon, cette plate-forme scientifique et collaborative offre aux chercheurs la possibilité de participer activement à son développement. Cette perspective est utile et productive à au moins deux égards : elle permet d'inclure différents lieux de travail et surtout, de combiner constructivement technologie de l'information et géographie linguistique avec ressources publiques, ce sans devoir recourir aux services de sociétés informatiques privées (services d'assistance juridiquement et économiquement problématiques).
  • Le savoir pertinent pour le projet pourra être accumulé et modifié de façon continue sur une longue durée, bien qu'une disponibilité permanente ne puisse pas encore être techniquement garantie (cf. sur ce point l'infrastructure scientifique CLARIN-D , page Web disponible seulement en allemand et en anglais). Sous cet angle, publier les résultats du projet en support matériel (livres, CD, DVD) n'est plus une préoccupation principale. Néanmoins une option, secondaire, d'impression sera installée, option qui est parfois aussi offerte par la lexicographie en ligne, de façon exemplaire par le Tesoro della Lingua Italiana delle Origini.
(2) Derrière le terme humanités se cache une conception bien spécifique de ce domaine de recherche, que le terme désuet de philologie ne peut décrire entièrement. Les domaines de la linguistique étudiant la langue parlée ont déjà dépassé cette tradition basée sur le texte. Ainsi, au regard de VerbaAlpina, le terme de linguistique numérique serait trop étroit car bien que l'accent soit mis sur les données linguistiques, on intègre délibérément des données extra-linguistiques, indispensables à une compréhension historique des rapports géolinguistiques.

(auct. Thomas Krefeld – trad. Julie Defert | Susanne Oberholzer)

Tags: Technologie de l'information