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Cartographie  (Citer)

La cartographie est un instrument de la géolinguistique, certes prêtant à discussion mais ayant aussi fait ses preuves : elle sert tout autant à la documentation qu'à la visualisation des relations spatiales (cf. les contributions dans Lameli 2010). Deux techniques traditionnelles de cartographie se distinguent nettement de par leur concision. Dans le cas de cartes 'analytiques', les énonciations linguistiques (partielles) sont rendues de telle façon que c'est la documentation qui est mise en relief, l'interprétation des relations spatiales devant, elle, être faite par l'utilisateur. Dans le cas de cartes 'synthétiques', les relations spatiales entre les phonèmes énoncés sont exprimées directement par la symbolisation. Les cartes quantitatives sont obligatoirement synthétiques. La cartographie en ligne propose une combinaison des deux procédures en présentant à première vue des cartes 'synthétiques', mais en offrant aussi l'accès aux énonciations (partielles) avec un clic sur le symbole.
Le potentiel heuristique de ce type de cartographie est considérable : on offre à l'utilisateur de VerbaAlpina l'option de combiner et cumuler des classes de données différentes, soit d'une seule catégorie (par ex. plusieurs types de base), soit de plusieurs catégories (par ex. des données linguistiques et extralinguistiques) au moyen des cartes synoptiques.

(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

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Données complémentaires  (Citer)

Dans le cadre d'une approche inductive à l'espace culturel les données démographiques et institutionnelles sont intéressantes dès qu'elles se révèlent être géo-référenciables. A ce type de données appartiennent les informations concernant l'histoire de l'habitat, en particulier par rapport aux institutions ecclésiastiques ou étatiques. Les voies de communication aussi, en particulier les cols de montagne, sont extrêmement importantes (cf.). Les données écologiques et géophysiques sont importantes à partir du moment où elles sont en rapport avec l'histoire de l'habitat. Cela est le cas par exemple des zones de végétation, qui permettent ou exigent certaines utilisations (par ex. l'alpage suppose une altitude au-dessus de la limite de celle des forêts et des arbres).(http://www.slf.ch/forschung_entwicklung/gebirgsoekosystem/themen/baumgrenze/index_FR)

(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

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Ethnolinguistique  (Citer)

"On ne peut pas faire l'histoire des mots sans faire l'histoire des choses" (Jaberg 1936, 23).
Traditionnellement, en ce qui concerne la recherche en langues romanes, surtout en langue italienne, la dialectologie est depuis le début, c.-à-d. en Italie au moins depuis Giuseppe Pitré, très étroitement liée aux sciences sociales, plus précisément à la sociologie et à l'ethnologie. Dans cette perspective, toute la géo-linguistique peut être considérée comme matière partielle d'une 'ethnoscience' générique. Cette expression, utilisée ici comme traduction d'ita. etnoscienza (de l'eng. ethnoscience), ne s'est toutefois établie ni en Italie ni en Allemagne. Dans le très pertinent et très informatif Manuale di etnoscienzade Giorgio Raimondo Cardona (Cardona 1995) on peut lire les mots suivants:

"[...] il prefissoide etno- permette un'immediata 'etnologizzazione' di qualunque sottodisciplina [...]. L'inglese offre ancora un altro tipo di formazione, quella con folk- (folk-taxonomy), che ha però lo svantaggio di non essere atrettanto facilmente esportabile quanto il suo concorrente grecizzante.
Il termine con etno- copre però due cose distinte, nella letteratura: etnobotanica può significare:
a) una vera botanica scientifica, ma ritagliata sull'habitat, uso ecc. di una specifica etnia;
b) la scienza botanica posseduta da una specifica etnia.
Nel primo caso, il ricercatore è soprattutto un naturalista, che compie il suo lavoro consueto, anche se con una particolare attenzione alle denominazioni locali ecc.; nel secondo il ricercatore è piuttosto un antropologo conoscitivo, che studia come venga categorizzato il mondo naturale da una data etnia; dei dati naturalistici egli si servirà soprattutto per ancorare le classificazioni così individuate a referenti reperibili e riconoscibili anche per chi è esterno alla cultura studiata. [...]
Gran parte dell'analisi etnoscientifica si basa sull'analisi di enunciati della lingua del gruppo [...] " (Cardona 1995, 15 s.; gras par TK)  

L'etnoscienza ainsi ébauchée est désignée aussi comme cultural anthropology dans la tradition des États-Unis d'Amérique. De plus, dans les pays germanophones, on distingue la Volkskunde pour l'exploration de culture(s) indigène(s) de la Völkerkunde pour l'exploration de cultures étrangères, spécialement non-européennes. Actuellement, on parle au lieu de cela le plus souvent d'Ethnologie (fra. ethnologie), comprenant le domaine spécial de l'ethnologie européenne (au sens de Volkskunde). C'est pourquoi la désignation ethnolinguistique n'est pas claire, étant souvent limitée à l'exploration linguistique de cultures non européennes (cf. Senft 2003) même si elle ne devrait pas exclure les européennes; une séparation catégorique se révélant de toutes façons de plus en plus vaine face aux flux migratoires massifs et vastes.

Un flou dans le passage cité de Cardona doit encore être résolu; il concerne le 'préfixoide' ethno- qui est d'un côté synonyme de l'anglais folk et de l'autre est utilisé en faisant référence à etnia. Par folk (eng. folk-taxonomy etc.) on renvoie à des savoirs et conventions relatifs à la culture du quotidien des non spécialistes ou bien non scientifiques et c'est à ce sens qu'ethnie (ou bien ethno-) aussi devrait faire référence à des communautés de culture de vie quotidienne, sans pourtant impliquer des idées idéalisées d'homogénéité, archaïcité, fermeture sociale etc.. La distinction de Cardona (a vs. b) renvoie de plus à deux perspectives de recherche complémentaires au sein des sciences sociales et culturelles.

En résumé, on peut désigner la recherche dialectologique selon Cardona (aussi à posteriori) comme 'ethnolinguistique' si elle relève et analyse ses données linguistiques en rapport étroit à la vie quotidienne des locuteurs. Dans la tradition de la linguistique romane, cette orientation a été établie de façon prototypique par le Sprach- und Sachatlas Italiens und der Südschweiz (AIS); elle marque sans doute la plus grande différence et le plus grand progrès à l'égard de l'ALF, comme Karl Jaberg le fait observer avec une certaine emphase. Le passage instructif relatif à l'histoire de la discipline mérite d'être mis en valeur, il montre comment les auteurs de l'AIS eux-mêmes se positionnaient:

"L'importance des «choses» n'a pas échappé à l'esprit de Gilliéron [...] Que Gilliéron ait complètement négligé ce point de vue dans la conception de l'Atlas et qu'il n'en ait tenu compte qu'en passant dans ses autres publications, c'est un fait d'autant plus étrange qu'il connaissait fort bien les «choses» et s'y intéressait passionnément. A-t-il approuvé l'enseignement que Ferdinand de Saussure a tiré de ses incursions dans les domaines limitrophes de notre science, à savoir que la «linguistique a pour unique et véritable objet la langue envisagée en elle-même et pour elle-même», principe qui, malgré l'admiration que j'ai pour le grand savant genevois, m'a toujours semblé singulièrement rétrécir le champ d'action du linguiste." (Jaberg 1936, 27 s.)

Jaberg attire explicitement et à juste titre l'attention sur le fait que justement sur ce point précis le structuralisme saussurien garde les idées des néogrammairiens. Du point de vue de la géo-linguistique contemporaine la tentative de regarder la langue comme un 'module' pouvant être isolé n'était donc absolument pas perçue comme un paradigme nouveau, mais tout simplement comme traditionaliste:

"La conception du Petit Atlas phonétique du Valais roman [également de Gilliéron; TK] et celle de l'Atlas linguistique de la France remontent à une époque qui était encore sous l'empire des néogrammairiens, et on sait ce que les néogrammairiens doivent aux sciences naturelles. Ce n'est certes pas un hasard que le Cours de linguistique générale s'en ressente également. M. Jud et moi, nous avions pas ces attaches avec les néogrammairiens, Gilliéron lui-même nous avait aidés à les rompre. Nous étions en revanche fortement impressionnés par les brillants articles de Meringer et de Schuchardt. La réalité des choses était autour de nous. Nous avions nous-mêmes parcouru les pays romans ; nous avions recueilli sur le terrain des observations ethnographiques et folkloriques. Comment en rester aux mots ? Tout en sauvegardant le caractère essentiellement linguistique de notre ouvrage, nous croyions devoir fournir à l'historien des mots les données nécessaires pour se faire une idée des choses, afin qu'il ne bâtisse pas dans le vide." (Jaberg 1936, 28).
 

L'étude de Hugo Plomteux 1980 sur la Cultura contadina in Liguria, née de l'observation participative, est innovatrice pour la tradition ethnolinguistiquement orientée de la dialectologie italienne. Une région ethnolinguistiquement très bien analysée – en comparaison avec les autres, peut-être même la région la mieux analysée – est la Sicile. Ce sont surtout Fanciullo 1983 et plusieurs études importantes qui ont été faites dans le cadre de l'Atlante linguistico della Sicilia qui doivent être mentionnés à cette occasion. Les œuvres suivantes offrent des renseignements sur les techniques et traditions culturelles chaque fois étudiées: Bonanzinga/Giallombardo 2011, Matranga 2011, Sottile 2002 et Castiglione 1999.

(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

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Géoréférencement  (Citer)

Le géoréférencement selon les degrés de latitude et de longitude est un critère de classement essentiel pour la gestion des données de VerbaAlpina. La précision de ce référencement varie selon le type de données; on aspire un référencement le plus exact possible, au mètre près. Dans le cas des données linguistiques issues des atlas et des dictionnaires, c'est seulement un référencement approximatif conformément à un toponyme qui est en règle générale possible. Dans le cas de données archéologiques par contre, un géoréférencement au mètre près est possible. On peut sauvegarder des points, des lignes (comme des rues, des rivières) et des surfaces. Sous l'angle technique, le format WKT (https://en.wikipedia.org/wiki/Well-known_text) est principalement utilisé, celui-ci est transféré à un format MySQL spécifique dans la base de données VA par la fonction geomfromtext() (https://dev.mysql.com/doc/refman/5.7/en/gis-wkt-functions.html et est ainsi sauvegardé. La sortie au format WKT se produit par la fonction MySQL astext().
La grille de référence du géoréférencement est établie selon le réseau des communes de la région alpine, qui peuvent être sorties ou comme surfaces ou comme points, suivant les besoins. Les tracés des frontières de commune de 2014 que VerbaAlpina a reçus de son partenaire "Conférence Alpine" en forment la base. Une actualisation permanente de ces données est superflue, même si elles changent selon les réformes administratives, car il s'agit dans la perspective de VerbaAlpina seulement d'un cadre de référence géographique. La représentation en point des communes est calculée selon les frontières communales de façon algorithmique, elle est donc secondaire, ne marquant pas nécessairement le centre bourg.



(auct. Thomas Krefeld | Stephan Lücke – trad. Susanne Oberholzer)

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Horizon épistémique  (Citer)

Ce portail informe de trois dimensions différentes:

(1) de la realité extralinguistique ('choses'),
(2) de concepts, ou: de catégories onomasiologiques qui ne sont pas liées à des langues ou dialectes particuliers,
(3) d'expressions linguistiques des langues et des dialectes enquêtés.

Le traitement séparé de (2) et (3) est fondamental parce que les concepts pertinents ne sont pas toujours documentés dans toute la région de l'enquête par des termes spécifiques (ils ne sont donc pas tous lexicalisés). Ainsi dans une grande partie de la région bavaroise il n'y a pas de mot pour le fromage produit à partir de petit-lait (cf. (alémanique) Ziger, ita. ricotta, fra. sérac), tandis que pour la masse de fromage fraîche pas encore modelée (bar. Topfen, alld. Quark), il manque souvent un terme dans les dialectes romans y compris en italien standard. La relation entre (1) d'un côté et (2) et (3) de l'autre côté est parfois plus problématique que cela semble à première vue: ainsi, on est confronté quelquefois à des expressions de statut sémiotique ambigu, parce qu'il ne ressort pas des données s'il s'agit de désignations de concepts ou plutôt de noms de choses; c'est le cas par ex. si un locuteur appelle un certain alpage, par exemple cet alpage-là qu'il utilise lui-même, avec un nom générique comme munt, littéralement 'montagne', ou pastüra 'pâturage'.


(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

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Photographies  (Citer)

La médiathèque de VerbaAlpina contient une collection riche et variée de photographies géoréférencées, s'accroîssant continuellement. Ces photographies ont deux fonctions : d'une part, elles renvoient à des référents concrets avec toutes leurs particularités idiosyncratiques, très prononcées surtout concernant les bâtiments. D'autre part, les photographies doivent illustrer un concept d'une manière la plus parlante possible et devenir ainsi une base d'enquête cherchant d'autres désignations pour le concept. L'objectif de cette fonction n'est donc pas celle de reconnaître le référent spécifique, par exemple un chalet particulier. Cela serait même plutôt gênant car dans ce cas les informateurs ont tendance à indiquer le nom propre de l'alpage et pas les désignations du concept. Ce risque est pourtant calculable: un malentendu fondamental résulte en principe seulement de situations où les informateurs reconnaissent des personnes connues. Dans un tel cas, les caractéristiques individuelles catalysent toute l'attention de l'observateur à tel point que la personne représentée est appelée spontanément et involontairement par son nom ("mais c'est le Willi !") – et pas par la fonction qu’elle exerce sur la photographie (VACHER). A proprement parler, l'emploi de dessins idéalisés à la place de photographies d'objets concrets serait plus adéquat pour l'enquête de désignations. Cela échoue pourtant à cause de l'absence de modèles correspondants. Toutes les illustrations de référents sont associées aux catégories "concept" et "désignation" par la base de données.

(auct. Thomas Krefeld | Stephan Lücke – trad. Susanne Oberholzer)

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Profil de similarité ethnolinguistique  (Citer)

Du point de vue ethnolinguistique de ce projet, les types de base fondent l'espace alpin plurilingue. Afin d'offrir une représentation synthétique, deux fonctions de cartographie quantitative différentes sont prévues :
  1. Tout d'abord viser le lexique alpin, dont l'ensemble forme pour ainsi dire un type idéal fictif duquel les dialectes locaux se rapprochent plus ou moins. La cartographie, d'une similarité graduelle, inspirée par la représentation du champ gradient de la gasconité à l'ALG 6 y correspond.
  2. Puis cartographier (selon le modèle de l'ASD) la similarité relative de tous les lieux d'enquête, en comparant et en visualisant les types de base en commun d'un lieu d'enquête x et de n'importe quel autre lieu pris comme point de référence.


(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

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Région étudiée  (Citer)

"Une histoire globale et cohérente des Alpes n'est pas encore réalisable à l'heure actuelle" (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8569.php), ce sont plutôt des définitions différentes, "naturräumliche" (géophysiques) et "wirtschaftlich-politische"(politico-économiques cf. Bätzing 1997, 23 s.) qui sont en concurrence. Dans le sens d'une délimitation transparente et pragmatique, la région étudiée de ce projet correspond au domaine d'application clairement défini de la Convention alpine; on en a accepté les "Inkonsistenzen zwischen den Mitgliedstaaten" (traduction: les inconsistances entre les États membres, cf. Bätzing 1997, 31). Ces inconsistances concernent les Préalpes bavaroises (incluses), les grandes zones touchant les Alpes comme l'Emmental ou l'Oberland zurichois, (Bätzing 1997, 32), exclues) ainsi que le traitement de quelques villes importantes en périphérie des Alpes: Lucerne et Salzbourg sont incluses, par contre Graz et Biella sont exclues. Le périmètre de la Convention alpine peut être téléchargé ici. Le but d'origine du projet est pourtant de recenser les Alpes dans ce cadre formellement fixé comme espace linguistique-culturel et de représenter la similarité des lieux qui en font partie.

(auct. Thomas Krefeld – trad. Susanne Oberholzer)

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